La rue du Dauphin, Honfleur

Elle désemplit rarement !

L’été, les jours de marché et le week-end, la rue du Dauphin est prise d’assaut par les touristes qui se rendent vers le quartier Sainte-Catherine. Si architecturalement, l’artère n’est pas la plus pittoresque, elle est au moins l’une des rares à avoir gardé une réelle dimension commerciale. Une spécificité qui semble d’ailleurs avoir traversé le temps puisque son nom viendrait d’une enseigne : « La rue doit incontestablement son nom à l’enseigne « Au Dauphin », qui existait au XVIIe siècle et qui représentait un dauphin au dos voûté, tout brillant d’or », révélait l’historien Charles Bréard, dans son ouvrage Vielles rues, vieilles maisons, paru au début du XXe siècle. L’établissement, une hostellerie, était situé au n°19, actuellement occupé par la « Halle aux vêtements ». À partir de 1620, il fut la propriété de Jean de Houle. Ce dernier, qui possédait des plantations de café et de tabac aux Antilles, s’en servit vraisemblablement pour recruter de la main-d’œuvre pour la Guadeloupe et la Martinique.

Ce n’est qu’après la Révolution française qu’on donna son nom actuel à cette rue. Auparavant, elle formait une partie de la rue de la Chaussée qui longeait dans sa totalité la contrescarpe des fossés de l’enceinte.

Pour l’anecdote, c’est dans une autre auberge de la rue, « Le plat d’étain » que le Lieutenant de l’Amirauté tenait ses audiences au début du XVIIIe siècle : « Dans des locaux délabrés et mal tenus, les officiers judiciaires empruntaient des salles d’auberges pour concilier les différends et terminer les querelles », rapportait encore Charles Bréard.

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